Poème 12//

J’avais une pièce d’or –
Je l’ai perdue dans le sable –
Et bien que la somme fût menue
Et que la terre regorgeât de richesses –
Elle avait une telle valeur
A mes modestes yeux –
Que lorsque je n’ai pu la trouver –
Je me suis assise en soupirant.

J’avais une Grive à gorge rouge –
Qui chantait au long de maintes journées
Mais quand les bois rougirent –
Elle – aussi – s’est envolée –
Le Temps m’a amené d’autres Grives –
Qui chantaient les mêmes ballades –
Pourtant, pour mon Troubadour absent
Je me suis enfermée chez moi.

J’avais une étoile dans le ciel –
« Pléiade » était son nom –
Et, un moment d’inattention,
Loin de moi, elle est partie, errante –
Et bien que les cieux soient pleins d’étoiles –
Qui brillent toute la nuit –
Elles m’indiffèrent –
Car nulle n’est la mienne –

Mon histoire a une morale –
J’ai un ami absent –
Qui se nomme « Pléiade » – et « Grive » –
Et pièce d’or dans le sable –
Et quand cette chansonnette endeuillée
Accompagné d’une larme –
Rencontrera l’œil du traître
Dans une contrée lointaine –
Puisse un solennel repentir
S’emparer de son esprit –
Et qu’il ne trouve, sous le soleil
La moindre consolation.