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Poème 739//

C’est une Joie d’avoir mérité la Souffrance –
Et de mériter qu’elle s’Arrête –
Une Joie d’avoir péri à chaque pas –
Pour Embrasser le Paradis –

Pardon – de contempler ton visage –
Avec ces Yeux passés de mode –
Il se pourrait – que pour cela – ils surpassent des neufs –
Achetés pourtant au Paradis –

Car ils t’ont contemplé avant –
Et tu les as contemplés –
Prouvez-Moi – Mes Témoins Noisette
Que les traits sont bien les mêmes –

Si fugace, quand tu étais là –
Si infini – une fois parti –
Apparition Orientale –
Renvoyée à la Juridiction matinale –

La Haute taille je m’en souviens –
Egale à celle des Collines –
La Profondeur fut gravée dans mon Âme –
Comme les Inondations – marquent le Blanc des Roues –

Tu vas me Hanter – jusqu’à ce que le Temps lâche
Sa dernière Décade,
Et cette Hantise en fait – va durer
Au moins – l’Eternité –

Poème 736//

Tu as – un Jour – mentionné ma « Grandeur » –
« Grandeur » soit – si ça Te plaît –
Ou Petitess, ou de n'importe quelle taille –
Disons-le – Je suis de la taille qui Te convient –

Grance – comme un Cerf – ça irait ?
Ou plus réduite – comme le Roitelet –
Ou d'autres dimensions comme d'autres êtres
Que je connais ?

Dis-moi laquelle – c'est ennuyeux de deviner –
Si je dois être un Rhinocéros
Ou Souris
A la fois – pour Toi –

Dis-moi – si c'est la Reine –
Ou le Page – qui Te plaît –
Je suis tout ça – ou rien du tout –
Ou autre chose – si autre chose existe –
Stipulant seulement –
Je Te conviens –

Poème 735//

La Lune n’était qu’un Menton d’Or
Il y a une ou deux nuits –
Et maintenant elle tourne Son Visage parfait
Vers le Monde en dessous –
Son Front est une très Ample Dentelle –
Sa Joue –  taillée dans le Béryl –
Son Oeil ressemble plus à la Rosée Estivale
Que tout ce que je connais –
Ses Lèvres d’Ambre ne s’ouvrent jamais –
Mais quel serait le sourire
Qu’elle offrirait à Son Ami
Si telle était Sa volonté d’argent –
Et quel privilège de n’être
Que l’étoile la plus éloignée –
Car elle trouve Sa place, c’est Sûr –
A côté de la Porte de Ton Palais –
Son Bonnet est le Firmament –
L’Univers –  Sa chaussure –
Les Etoiles –  Parures de Sa Ceinture –
Son Lamé –  de Bleu –

Poème 734//

Peu importe – maintenant – mon Amour –
Mais quand je serai Comtesse –
Ne regretteras-tu pas de n’avoir pas parlé
A cette Fille terne ?
Juste un Mot – de rien du tout –
Un Sourire – de rien du tout –
Ne regretteras-tu pas de ne pas m’en avoir gardé un seul
Quand je serai Comtesse ?
Je n’en aurai plus besoin – alors –
Mes Armoiries – suffiront –
Des Aigles sur les Boucles de mes souliers –
Ainsi que – sur ma Ceinture –
Ma Robe de tous les jours – d’Hermine –
Dis – mon Amour – alors
Ne regetteras-tu pas de ne pas m’avoir accordé – un seul –
Sourire ?

Poème 733//

Hors de vue ? Et alors ?
Tu vois l’Oiseau – atteins-le !
De Courbe en Courbe – de Plongeon en Plongeon –
Cerclant l’Air Vertigineux –
Du Danger ! Comme s’Il s’en souciait ?
Mieux vaut échouer – là-haut –
Qu’hésiter – ici –
Le Bleu est Bleu – partout dans le Monde –
L’Ambre – Ambre – la Rosée – Rosée –
Cherche – mon Ami – et vois –
Le Ciel se dérobe à la Terre – c’est tout –
Ciel Pudique – tes petits Amoureux –
Se cachent – aussi – de toi –

Poème 732//

Une première Arrivée Muette –
Dans la Demeure de l’Etranger –
Un premier Départ plaisant –
Quand sonnent joyeuses les Cloches –
Un premier Echange – de
Choses qui se sont – mêlées –
Pour Lot – révélées
Par la Foi – à lui seul –

Poème 731//

Une Pensée m’est venue aujourd’hui –
Que j’avais déjà eue –
Mais qui était restée incomplète – il y a quelque temps –
Je ne saurais retrouver l’Année –

Ni Où elle est passée – ni pourquoi elle m’est
Revenue à l’esprit –
Ni précisément, ce qu’elle était –
Le Talent me manque pour le dire –

Mais quelques part – dans mon âme – je sais –
Que je L’ai déjà rencontrée –
Ça m’a juste rappelé quelque chose – c’est tout –
Qui n’est jamais revenu –

Poème 718//

L’Esprit est l’Oreille Consciente –
On Entend vraiment
Quand après inspection – cela est audible –
Cela est admis – Ici –

Pour d’autres Services – comme le Son –
On a une plus petite Oreille
Accrochée à l’extérieur du Château – elle Maîtrise –
L’autre – ne fait – qu’Entendre –

Poème 716//

Me méprenant sur les coquillage de la Grève –
Je les chérissais pour tout –
Des Âges plus tard il se trouva
Que j’accueillis une Perle –

Pourquoi si tard – murmurai-je –
Mon besoin de Toi – a disparu –
C’est pour cela même – répondit la Perle –
Que mon Tour est venu

Poème 713//

Vous m’avez légué – Sire – deux Héritages –
Un Héritage d’Amour
Qui suffirait au Père Céleste
Si on le Lui offrait –

Vous m’avez légué des Confins de Souffrance –
Vastes comme la Mer –
Entre l’Eternité et le Temps –
Votre Conscience – et moi –

Poème 708//

Ils Nous ont éloignés l’un de l’autre –
Comme séparés par la Mer
Et Sa Péninsule en friche –
Nous avons fait savoir « Ils voient » –

Ils nous ont pris nos yeux –
Se sont mis entre Nous avec des Fusils –
« Je te vois » Chacun a répondu aussitôt
Par Signes Télégraphiques –

Ils ont combiné – des Cachots –
Mais au travers de leurs artifices les plus épais –
De leurs Diamants les plus opaques –
Nos Âmes se voyaient – tout aussi bien –

Ils Nous ont convoqués pour mourir –
Avec un doux empressement
Nous nous sommes levés sur nos pieds attachés –
Condamnés – seulement – à voir –

Permission accordée d’abjurer –
Permission accordée d’oublier –
Nous avons tourné le dos au Soleil
Pour ce parjure –

Ni l’Un ni l’Autre – ne prêta attention à la Mort –
Conscients – du Paradis –
Le Visage de l’Autre – seule Sphère
Solaire que Chacun vit – se coucher –

Extrait Poème 706//

Ainsi sommes-nous contraints de nous rencontrer séparés – 
Toi là-bas –Moi – ici –
Avec juste la Porte entrebaîllée
Que sont les Océans – la Prière –
Et l'Aliment Blanc –
Du Désespoir –

Poème 703//

Dans Mon Petit Foyer vint Son feu –
Et toute Ma Maison fut embrasée
Attisée, culbutée, illuminée –
C’était le Lever du Soleil – c’était le Ciel –

Un Jury constitué pour plus qu’un bref Eté
Sans limité de Validité –
C’était un Midi – qui n’envisageait nulle Nuit –
Plus encore, Madame Nature, c’était le Jour –

Poème 702//

Si le Ciel n’était pas venu si près –
N’avait pas eu l’air de choisir Ma Porte –
La Distance ne me hanterait pas tant –
Avant – quand je n’espérais pas –

Mais entendre s’enfuit la Grâce –
Que jamais je n’aurais pensé voir –
M’afflige d’une Double perte –
Elle est perdue – Et perdue pour moi –

Poème 699//

Si un Homme – Pouvait Me priver
Du pouvoir de T’être fidèle,
Jusqu’à ce que sur mon visage
Le Jugement dernier impose Son Image –

Et trône à Ta Place –
Il se montrerait supérieur – au Ciel –
Dont l’invitation – a réduit la Tienne
A la portion congrue –

Poème 697//

Pourquoi la faire douter – ça lui fait si mal –
Trop malade – pour deviner –
Trop forte – pour savoir –
Trop brave – sur son petit Lit
Pour répéter le dernier mot qu’On lui a dit
Souriant – hochant la tête –
Eu égard à cette chose délicieuse – distante – dangereuses –
Mais – à sa Place – la peur qui la Tenaille
Qu’une Action qu’elle aurait faite – ou osé –
Offense la Vision – la fasse fuir –
Et qu’On se ne souvienne plus de moi –
Sans même se retourner pour me dire pourquoi –
Ah, Maître, Ça c’est le coup de Grâce –

Poème 696//

C’est la Teinte que je ne peux saisir – qui est la plus belle –
La Couleur trop lointaine
Pour que je puisse la montrer au Bazar –
Et faire payer une Guinée pour la voir –

Ce sont les beaux Atours – impalpables –
Qui se pavanent ostensiblement
Comme les Suivantes de Cléopâtre –
Reflétées – dans le ciel –

Ce sont des Moments de Maîtrise absolue
Que ressent l’Âme
Et qui la laissent avec une Frustration
Trop délicieuse – pour la décrire –

C’est l’air ardent – des Paysages –
Comme s’ils réprimaient juste
Un secret – qui presse
Comme les Cavalcades – du Cœur –

C’est la Plaidoirie de l’Eté –
Et aussi l’Espièglerie – de la Neige –
Qui Voile de Tulle le Mystère,
Pour empêcher les Ecureuils – de le comprendre,

Leurs manières Evasives – se rient de nous –
Jusqu’à ce que notre Œil Trompé
Se ferme avec arrogance – dans la Tombe –
Autre façon – de voir –

Poème 695//

Je sais Où poussent les Puits – des Puits jamais à sec –
Creusés profond – pour les jours d’Eté –
Que les Mousses ne quittent pas –
Et où les Galets – s’amusent sans risque –

Il est fait de Brasses – et d’une Ceinture –
Une Ceinture de Pierre brute –
Avec des incrustations d’Emeraudes – à mi-course –
Et des Diamants – entassés pêle-mêle –

Il n’a pas de Seau – si j’étais riche
J’achèterai un Seau –
J’ai souvent soif – mais mes lèvres
Sont très haut – voyez-Vous –

J’ai lu dans un Livre Démodé
Que les Gens « n’auront plus jamais soif » –
C’est un endroit où les Puits ont des Seaux –
C’est ça que ça veut dire – J’en suis sûre –

Se souviendra-t-on de la Soif Brûlante – alors ?
Ces eaux semblent si merveilleuses –
Je pense qu’un petit Puits – comme le Mien –
Est plus Précieux à comprendre –

Poème 694//

Une Dent ronge Notre Paix
Que la Paix ne peut faire disparaître –
Alors à quoi Sert cette Dent ?
A donner vitalité à la Grâce –

Le Ciel comporte un Enfer –
C’est ce qui Le caractérise –
Et sur chaque panneau signalant le Lieu –
Le mot Sacrifice est gravé à l’Or fin –

Poème 693//

Comme des Yeux qui regarderaient des Lieu dévastés –
Incrédules de Tout
Sauf du Vide – du Désert intégral –
Avec la Nuit comme seule variante –

Juste des Infinis de Rien –
Aussi loin que portent les yeux –
C’est à cela que ressemblait le visage que je regardais –
Et qui – Me – regardait –

Je ne lui offris pas d’Aide –
Puisque j’en étais Moi la Cause –
De ce Malheur dû à un Pacte
Aussi désespéré – que divin –

Aucune – ne voulait être absoute –
Aucune ne voulait être Reine
Sans l’Autre – C’est pourquoi –
Nous périssons – même si Nous régnons –