J’apporte un vin rare
A des lèvres desséchées depuis longtemps
A côté des miennes,
Et les somme de boire ;
Craquelée de fièvre, elle essaient,
Je détourne mes yeux pleins de larmes,
Et reviens après pour voir.
Les mains serrent encore le verre tardif –
Les lèvres que j’aurais voulu rafraichir, hélas,
Sont d’un Froid si superflu –
Que j’aurais pu aussi bien tenter de réchauffer
Des seins que la gelée a recouverts
Pendant des années sous la terre –
Il se peut qu’il existe d’autres lèvres assoiffées
Qu’il m’aurait signalé
S’il était resté, pour me parler –
Aussi je garde en main cette coupe
Si, par hasard, elle contenait la goutte
Qui étancherait la soif d’un pèlerin –
Si, par hasard, on me disait
« Ce que tu as fait à ces petits, c’est à moi que tu l’as fait »,
Au réveil final –