Poème 170//

C’est tant de joie ! c’est tant de joie !
Si j’échouais, quelle misère !
Et pourtant, certains aussi pauvres que moi,
Ont tout misé sur un seul coup !
Ont gagné ! Oui ! après avoir hésité –
De ce côté-ci de la Victoire !

La Vie n’est que la Vie ! et la Mort que la Mort !
La Félicité que la Félicité, et le Souffle que le Souffle !
Et si vraiment j’échoue,
Du moins, connaitre le pire, est doux !
La défaite ne signifie rien de plus que la Défaite,
Rien de plus terrible ne peut arriver !

Et si je gagne ! Ah, coup de Canon en mer,
Ah ! Cloches dans les beffrois !
D’abord, répétez-lentement !
Car il est différent, le Ciel qu’on imagine,
Et celui où l’on se réveille soudainement –
Ce dernier pourrait me réduire en cendres !