Poème 180//

Dans une Boîte d’Ebène, quand les ans se sont écoulés
Plonger les yeux avec révérence –
Essuyant la poussière veloutée
Saupoudrée par les étés !

Tenir une lettre à la lumière –
Brunie – maintenant – par le temps –
Epeler les syllabes effacées
Qui nous vivifiaient comme le Vin !

Trouver peut-être la joue flétrie d’une Fleur
Parmi ses richesses –
Cueillie au loin, un matin –
Par une belle main – devenue poussière !

Une boucle, peux-être, venue de fronts
Que notre fidélité a oubliée –
Peux-être, un bijou ancien –
Serti selon une mode surannée !

Et puis les remettre doucement en place –
Et les laisser tranquilles –
Comme si la petite Boîte d’Ebène
Ne nous concernait en rien !