Poème 334//

De tous les Sons expédiés dans le monde
Rien n’a autant de Poids pour moi
Que cette vieille cadence dans les Branches
Cette Mélodie sans Parole –
Que fait le Vent – au travail comme une Main –
Dont les doigts peignent le Ciel –
Puis choit en vibrant – avec des bribes de chanson –
Que seuls les Dieux – et moi – avons le droit d’entendre –
C’est pour nous un héritage
Art qu’on ne peut Acquérir –
Qu’on ne peut perdre puisqu’il
Ne peut être Volé – puisque le Gain
Ne s’obtient pas avec ces doigts –
Est plus profond que l’Os
De l’or caché, pour des Siècles et des Siècles –
Et même une fois dans l’Urne –
Je ne saurais garantir que la Poussière joyeuse
Ne se lève pas et joue,
A sa Façon étrange –
Pendant des Vacances plus fantasques –
Quand les Vents tournent et tournent en Bandes –
Et tambourinent à la Porte –
Et que les Oiseaux s’installent – au-dessus –
Pour leur servir d’Orchestre –
J’implore pour lui la Grâce des Branches d’Eté –
Si un tel Paria existe –
Celui qui n’a jamais entendu cette Mélopée Désincarnée –
S’élever solennelle sur l’Arbre –
Comme si quelque Caravane de Son –
Venant des Déserts du Ciel –
Avait ouvert les Rangs –
Puis dans un tourbillon s’était ressoudée
Equipage sans Faille –