Poème 347//

J’avais tellement peur de la première Grive,
Mais je l’ai apprivoisée, maintenant,
Je me suis quelque peu accoutumée à Elle,
Elle fait un peu mal, cependant –

J’ai pensé que si je pouvais seulement vivre
Jusqu’à ce que passe ce premier Cri –
Tous les Pianos des Bois
Ne pourraient plus me lacérer –

Je n’ai pas osé rencontrer les Jonquilles –
De peur que leur Robe Jaune
Ne me transperce d’une mode
Si étrangère à la mienne –

Je souhaitais que l’Herbe se hâte –
De sorte que quand viendrait le moment de voir –
Elle serait trop haute, la plus haute
Pourrait se hausser pour me regarder –

Je ne supportais pas que les Abeilles reviennent,
Je souhaitais qu’elles restent au loin
Dans ces pays obscurs où elle vont,
Que pouvaient-elles me dire ?

Elle sont ici, pourtant ; pas une créature ne manque à l’appel –
Nulle Fleur n’est restée
Par tendre déférence pour moi –
La Reine du Calvaire –

Chacune me salue, en passant,
Et Moi, je soulève mon Panache enfantin,
Avec une reconnaissance endeuillée
Pour leurs Tambours insouciants –