Poème 356//

Si tu venais à l’Automne,
Je balaierais l’Eté
Avec un demi-sourire, à demi dédaigneux,
Comme les Ménagères font, d’une Mouche.

Si je pouvais te voir dans un an,
J’enroulerais les mois en pelote –
Et les mettrais dans des Tiroirs distincts,
De peur que les chiffres se confondent –

Si les Siècles seulement se faisaient attendre,
Je les compterais sur mes Doigts,
Soustrayant, jusqu’à ce que mes doigts tombent
Au Pays de Van Diemen.

Si certaine, quand cette vie sera finie –
Que la tienne et la mienne, existeraient –
Comme une Epluchure, je les jetterais,
Et prendrais l’Eternité –

Mais,maintenant, incertaine de la durée
De cette attente, entre nous,
Cela me pique, comme fait l’Abeille Farfadet –
Qui n’admet pas – qu’elle a un aiguillon.