Poème 388//

Rien ne serait – plus jamais – Banal – dis-je –
Une Différence – s’était installée –
J’avais eu – bien de l’amertume –
Mais ce passé – était révolu –

Ou – si parfois – ça revenait – comme ça le fait –
Un matin – parmi les plus Duveteux –
J’ai joui – d’une telle félicité – pendant toutes ces années –
Que la souffrance – en serait allégée –

J’ai eu tant de joie – que le Rouge –
De ma simple Joue – la proclamait –
Je la sentais publiée – dans mon œil –
Il était inutile – de parler –

Je marchais – comme si mon corps – avait des ailes –
Les pieds – dont je me servais jadis –
Me sont – désormais inutiles –
Comme le seraient – des bottes – aux Oiseaux –

Je faisais éclater mon plaisir –
J’offrais un mot en Or
A chaque Créature – rencontrée –
Et Dotais – le Monde entier –

Quand – soudain – mes richesses ont fondu –
Un Farfadet – a bu ma Rosée –
Mes palais – sans locataires se sont effondrés –
Moi-même – également – j’ai été réduite à la mendicité –

Je me suis accrochée aux sons –
Ai cherché les formes à tâtons –
Me suis heurtée aux membranes de l’Univers –
J’ai senti le Désert débouler à nouveau
Sur mes frontières d’Or –

La Robe de Bure – que je portais –
Est accroché à mon clou –
Mais où sont mes moments de Brocart –
Ma – goutte – des Indes ?